Renforcement du Leadership Féminin et de la Paix Communautaire à Ouallam et Simiri : Retour sur le Projet « Weyborey Guinda »
Ouallam/Simiri, mai 2025 – Dans un contexte de refondation au Niger, le rôle des femmes dans la prévention des conflits et la gouvernance locale prend une dimension stratégique. C’est dans cette optique que l’Association Nigérienne pour la Défense des Droits de la Femme et de l’Enfant – ANDDFE – Hakin Iyali, avec l’appui de Women’s Peace & Humanitarian Fund – WPHF à travers ONU Femmes Niger, a organisé une activité de préfiguration et de formation dans le cadre de son projet « Weyborey Guinda », dans les communes de Ouallam et Simiri, le 11 et le 17 mai 2025.
Un projet ambitieux pour l’inclusion politique des femmes
Le projet vise à renforcer la participation active des femmes dans les mécanismes locaux de prévention des conflits et les processus décisionnels. Dans des régions fragilisées par l’insécurité, telles que Tillabéri, cette démarche répond à un besoin urgent de transformation sociale.
À travers les activités de préfiguration et de formation, le projet a mobilisé dix (10) groupements féminins, les autorités administratives, coutumières et religieuses, ainsi que des représentants des services techniques et des forces de défense et de sécurité.
Des actions concrètes, des résultats prometteurs
✅ Mission de préfiguration (12–13 mai)
Cette première étape a permis de :
- Présenter le projet aux autorités locales et communautaires ;
- Sélectionner les dix groupements féminins dynamiques (cinq par commune) ;
- Recueillir les attentes spécifiques des femmes en matière de participation citoyenne et de prévention des conflits.
Les autorités de Ouallam et de Simiri ont exprimé un soutien franc, posant ainsi les bases d’une mise en œuvre concertée.


✅ Formation des femmes leaders (15–17 mai)
L’atelier organisé à la préfecture de Ouallam a permis à 20 femmes leaders de bénéficier d’une formation intensive autour de 5 modules essentiels :
- Prévention des conflits ;
- Droits civils et politiques des femmes ;
- Leadership féminin ;
- Politique nationale du genre ;
- Techniques de plaidoyer.
Les participantes ont démontré un engagement fort, exprimé leur volonté de former 200 autres femmes dans leurs communautés, et affirmé leur rôle dans les dialogues communautaires pour la paix.


Des témoignages puissants, gage de changement durable
« Grâce à cette formation, nous savons que nous avons le droit et le devoir de participer aux prises de décisions locales. »
« Nous voulons maintenant siéger comme conseillères municipales ou députées. »
« Avant, nous ne connaissions pas nos droits. Aujourd’hui, nous sommes prêtes à les défendre. »
— S. M., une présidente d’un groupement.
Un levier pour la paix, la gouvernance et l’autonomisation
Ces activités ont permis de :
- Créer une dynamique locale de paix portée par les femmes ;
- Renforcer les liens entre OSC féminines et autorités locales ;
- Initier la mise en place d’un système d’alerte précoce communautaire ;
- Lancer une culture de dialogue structuré sur la gouvernance inclusive.
Enjeux et perspectives
Les enseignements tirés soulignent l’importance :
- De l’appropriation locale pour la durabilité ;
- De l’implication des autorités coutumières ;
- De l’utilisation de méthodes participatives adaptées.
Recommandations :
- Pérenniser les séances de restitution comme outils de suivi communautaire ;
- Associer les hommes aux dynamiques de paix ;
- Créer les comités d’alerte précoce.
Une avancée significative vers l’égalité et la paix durable Le projet « Weyborey Guinda » incarne une approche holistique de la consolidation de la paix, en misant sur les capacités, la voix et le leadership des femmes. Cette expérience locale constitue une base solide pour un plaidoyer national en faveur de la participation politique féminine, dans un Niger résolument tourné vers la résilience et l’équité.
